Rodrigue Kokouendo
Député Seine-et-Marne (7e circonscription)

A l'assemblée

Le Président de la République l’a annoncé, dès août 2017, lors de son discours annuel devant les ambassadeurs : la France doit revenir au premier plan en matière d’aide publique au développement.

Cette ambition s’est traduite par l’annonce d’un effort budgétaire visant à permettre à l’aide d’atteindre 0,55 % du revenu national en 2022 et de tendre, à terme, vers 0,7 %.

C’est dans ce contexte que nous avons présenté à l’Assemblée nationale, le 12 juin dernier, les conclusions d’un rapport contenant 24 propositions pour y parvenir.

Après des décennies d’affaiblissement de la politique d’aide française, l’effort budgétaire est plus que jamais nécessaire pour être à la hauteur des défis de développement de notre siècle et pour rattraper le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui font office de modèles en la matière.

Evidemment, il ne s’agit pas de jeter l’argent par la fenêtre. Beaucoup de nos concitoyens ne comprennent pas pourquoi l’Etat consacre une partie de son budget pour aider d’autres pays, alors que les contraintes budgétaires nationales sont fortes.

Pourtant, l’aide publique au développement est essentielle pour permettre une stabilisation des pays en développement et pour, à terme, éviter de nouveaux embrasements internationaux. Il s’agit d’une responsabilité collective, dont tous les Etats, même ceux en développement, ont conscience. Les pays d’Afrique subsaharienne consacrent d’ailleurs une part très importante de leur budget à renforcer leurs institutions, à stabiliser leur économie, à soutenir les populations. Mais, ils ne pourront pas y parvenir seuls.

Si la France augmente son budget, il est, toutefois, évidemment nécessaire que cette aide soit mieux pilotée et mieux utilisée.

Ainsi, dans notre rapport, nous préconisons la mise en place d’une loi de programmation pour l’aide publique au développement, sur le modèle de la loi de programmation militaire. Cela permettra d’avoir un meilleur suivi, sur le long terme, de l’attribution des moyens.

Nous estimons également que le partage du pilotage politique actuel de l’aide, entre le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Economie et des Finances nuit à la clarté des objectifs.  A côté du rapprochement à venir – et qu’il faut saluer – de l’Agence française du Développement et d’Expertise France, il est temps d’envisager le retour d’un ministère ou d’un secrétariat d’Etat qui incarnerait la politique ambitieuse de la France en faveur de l’aide au développement tout en en fixant les véritables objectifs stratégiques. C’est une réforme qui peut être significative quant à la viabilité de l’augmentation et de la modernisation de l’aide.

Nous recommandons enfin de mieux prendre en compte certains aspects du développement, en particulier la transition démographique, dont on ne parle que trop peu. Pourtant, l’explosion démographique à venir de l’Afrique subsaharienne est un véritable défi pour le développement et les pays concernés ne pourront pas faire face seuls aux conséquences que cela aura en termes d’emplois, d’agriculture, de santé … C’est notamment à ce titre que l’éducation – à l’instar de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes -, doit figurer parmi les priorités de l’aide en tant que vecteurs essentiels de développement parce qu’ils contribuent notamment à la modération de la croissance démographique. Cette explosion démographique aura des conséquences pour les pays développés, en particulier au regard des dynamiques migratoires. L’urgence d’améliorer notre aide est donc bien là. Si on ne rend pas aujourd’hui notre aide plus forte et plus efficace, la crise des migrants ou le drame Aquarius ne cesseront de se multiplier.

Face à l’accueil unanimement favorable de ces recommandations par la Commission, les parlementaires se mobilisent à leur tour à nos côtés pour insuffler à la France le courage de ses convictions en se donnant les moyens d’être à la hauteur de ses ambitions et s’assurant que l’aide française soit une aide efficace qui aboutit à des résultats concrets.

Rodrigue KOKOUENDO, Député de Seine-et-Marne

Bérengère POLETTI, Députée des Ardennes

Avec le soutien de :

Sira Sylla, Députée de Seine-Maritime

Denis Masséglia, Député du Maine-et-Loire

Patrice Anato, Député de Seine-Saint-Denis

Maurice Leroy, Député du Loir-et-Cher

Marie Tamarelle-Verhaeghe, Députée de l’Eure

Eric Girardin, Député de la Marne

Martine Leguille-Balloy, Députée de Vendée

Sébastien Nadot, Député de Haute-Garonne

Bruno Joncour, Député des Côtes-d’Armor

Jacques Maire, Député des Hauts-de-Seine

Jean-François Mbaye, Député du Val-de-Marne

Hubert Julien-Laferrière, Député du Rhône

Valérie Thomas, Députée du Puy-de-Dôme

Liliana Tanguy, Députée du Finistère

Frédéric Petit, Député des Français établis hors de France

Bruno Fuchs, Député du Haut-Rhin

Sylvain Waserman, Député du Bas-Rhin

Delphine O, Députée de Paris

Aina Kuric, Députée de la Marne

Marion Lenne, Députée de la Haute-Savoie

Didier Quentin, Député de Charente-Maritime

Michel Herbillon, Député du Val-de-Marne

Alain David, Député de la Gironde

Amal-Amélia Lakrafi, Députée des Français établis hors de France

Hugues Renson, Député de Paris

Samantha Cazebonne, Députée des Français établis hors de France

Monica Michel, Députée des Bouches-du-Rhône

Guy Tessier, Député des Bouches-du-Rhône

Je vous invite à prendre connaissance de ce rapport sur le site de l’Assemblée nationale, et je me tiens à la disposition de chacun pour en discuter plus amplement.  


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